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Les All Blacks

L'équipe nationale de rugby à XV de Nouvelle-Zélande est l'une des meilleures sélections nationales qui participeront à la prochaine coupe du monde de rugby. Les Néo-zélandais sont surnommés All Blacks en raison d'un article britannique faisant suite à leur première tournée européenne, et dans lequel le journaliste les qualifia de all backs (tous trois-quarts) en hommage au jeu de mouvement de leurs avants. Cette expression fut mal comprise et devint All Blacks (aujourd'hui marque déposée) en raison de leur tenue intégralement noire. C'est d'ailleurs la seule équipe (peut-être tous sports confondus) jouant de la même couleur à domicile et à l'extérieur. Au vu de leurs excellents résultats, on prétend parfois également que les All Blacks sont en noir pour porter le deuil de leurs adversaires.

L'ogre et les «Loups»

Les Portugais déjà concentrés.

Plus la peine de chercher la meilleure manière d'entamer une Coupe du monde. Les All Blacks l'ont trouvée. Après six semaines sans match, la motivation et l'explosivité étaient tellement dans les têtes et les jambes des hommes de Graham Henry que les points (76) et les essais (11) contre l'Italie se sont empilés. Avec ce qui a ressemblé à une facilité déconcertante même pour la meilleure équipe de la planète.

Le secret ? La méthode du moins ? C'est peut-être depuis leur arrivée en France une décontraction collective avec un groupe totalement ouvert (en apparence) au monde extérieur. Des parties de pêche en Corse, des séances d'entraînement de collégiens et des sourires en permanence jusqu'aux oreilles. Tout ce qui avait manqué aux Kiwis en Australie en 2003.Nouvelle joie de vivre ou pas, la deuxième étape des Néo-Zélandais ce samedi (13h00) à Lyon s'apparentait de toutes les façons avant la compétition à une formalité.

Le Portugal, 22e mondial au classement des nations de l'IRB (Nouvelle-Zélande 1re), qualifié de dernière minute après un succès héroïque en Uruguay en barrage de barrages, victime désignée de l'ogre noir, ne pourra pas faire mieux que d'enregistrer une honorable défaite. Mais les Lusitaniens n'ont aucune intention, pour une rencontre devenue le match de leur vie, comme le clame sans complexe le pilier André Silva de «rentrer sur le terrain pour les regarder, ni pour faire un barbecue, mais pour gagner».

L'entraîneur Tomas Morais, celui qui a permis en quatre ans au rugby portugais de se faire une place derrière le football, n'est pas moins fier de ses troupes. Son humour teinté de justesse fait mouche : ce sera le match «entre la meilleure équipe amateur du monde et la meilleure équipe du monde tout court».

Les Blacks n'ont d'ailleurs nullement envie de prendre leur adversaire de haut ou de ne pas le respecter. Anton Oliver, le talonneur, se persuade que la meilleure chose est de procéder comme à l'habitude : «Je pense que les Portugais sont sont bons en mêlée. Nous devons être aussi intenses dans le jeu que contre l'Australie ou l'Afrique du Sud et nous devons avoir exactement la même motivation.»

Graham Henry fera néanmoins tourner son effectif et procèdera à onze changements par rapport à l'Italie, titularisant notamment une nouvelle charnière Brendon Leonard-Nick Evans et laissant au repos Richie McCaw. Les «Loups», battus pour leur première sortie par l'Ecosse (56-10) joueront après Gerland un match qu'ils considèrent nettement plus à leur portée. Ce sera le 19 septembre à Paris face à l'Italie, qu'ils devront absolument battre pour espérer conserver la petite chance qui leur reste d'accéder aux quarts de finale.